Un colloque urbain spécial consacré aux droits et à l’autonomisation des femmes et des filles s’est tenu mardi à Goma, dans la province du Nord-Kivu. L’activité a été organisée par l’ONG Tous pour un Congo Nouveau (TCN) et a réuni plusieurs organisations de la société civile ainsi que des acteurs communautaires.

L’objectif de cette rencontre était d’analyser les défis qui fragilisent la cohésion sociale dans la région et d’explorer des stratégies visant à renforcer la participation des femmes au développement et à la construction de la paix.

Au cours des échanges, les participants ont identifié plusieurs facteurs qui affaiblissent la cohésion sociale, notamment les conflits armés, les inégalités sociales et économiques ainsi que la faiblesse de la gouvernance. Dans ce contexte marqué par l’insécurité et les crises humanitaires, les communautés locales sont appelées à jouer un rôle plus actif dans la recherche de solutions durables.

Les intervenants ont insisté sur la nécessité de valoriser les compétences locales afin de permettre aux communautés de mieux répondre aux crises. L’approche proposée repose sur trois axes principaux : le renforcement des capacités des acteurs locaux, la mise en réseau des organisations communautaires et le financement direct de microprojets destinés à soutenir les initiatives locales.

Les discussions ont également porté sur la notion d’autonomisation des femmes. Les participants ont expliqué qu’une femme autonomisée est une femme capable de prendre des décisions concernant sa vie et d’accéder aux ressources économiques, sociales et politiques nécessaires à son épanouissement.

Cependant, plusieurs obstacles continuent de freiner cette autonomisation. Parmi eux figurent la socialisation à la dépendance, certaines résistances culturelles face à l’indépendance des femmes, ainsi que les inégalités dans l’accès à l’éducation entre filles et garçons.

L’un des moments forts du colloque a été le panel consacré à la résilience et à la participation des femmes dans la construction de la paix et de la cohésion sociale. Les échanges ont mis en évidence que, dans une province comme le Nord-Kivu marquée par des conflits prolongés, les femmes jouent un rôle essentiel dans le maintien du tissu social, la survie économique des familles et les initiatives de médiation communautaire.

Malgré cette contribution importante, les femmes restent encore sous-représentées dans les instances de prise de décision et dans les processus formels de négociation de la paix. À l’issue des discussions, les participants ont recommandé de renforcer l’éducation des filles, de promouvoir l’égalité des chances et d’encourager la participation active des femmes dans les instances décisionnelles afin de construire une société plus stable et inclusive.

Kethia Rugamika

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